Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
15 août 2012 3 15 /08 /août /2012 19:53

   Il y avait là, après les deux grands terrains de baseball et juste à côté des pistes d'athlétisme, une petite clairière qui nous introduisait dans le petit bois. C'est à cet endroit que les Frères nous emmenaient lorsque nous récitions le chapelet à l'extérieur. Il s'y trouvait un autel de granit qui n'avait vraisemblablement pas servi depuis des lunes, le lichen commençant à s'y former. Tout juste en arrière de cet autel, on avait creusé dans un immense roc, une sorte de grotte comme à Massabielle. On y avait mis une statue de la Vierge en haut à droite(ou à gauche... la mémoire me fait défaut !)

   Là nous commencions assez souvent par un chant à la Vierge Marie : "C'est le mois de Marie, c'est le mois le plus beau...", "Salut Marie, comblée de joie ! Toi qui as reçu l'Esprit..." etc. Ils sont nombreux et tous très beaux ces chants à Marie !... je les aime tous !

   J'avais en main ce grand collier que mes parents m'avaient acheté, ce beau chapelet que j'aimais à mettre dans mon cou lorsque je dormais. Après le chant nous commencions par le "Je crois en Dieu", ensuite le "Notre Père", et puis...

 

Je vous salue, Marie,

pleine de grâce,

le Seigneur est avec vous.

Vous êtes bénie entre toutes les femmes

et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.

Sainte Marie, Mère de Dieu,

priez pour nous, pauvres pécheurs,

maintenant et à l'heure de notre mort.

Amen.

 

   Je ne savais pas que les grains du chapelet étaient les "Ave", jusqu'à ce que je me le fasse expliquer par un des cancres de la classe. «Regarde !» me dit-il, «tu mets ton pouce comme ça... premier "Je vous salue Marie", deuxième "Je vous salue Marie"... ainsi de suite.» Ce fut comme si je me faisais faire la leçon... moi, le génie des maths. doh ! Quelle humiliation !

   Après le repas du midi, pour ceux qui le désiraient, le Frère Maurice récitait le chapelet dans la salle communautaire, ensuite il nous racontait la vie d'un saint : Maria Goretti, Miguel Bro, Martin de Pores, Curé d'Ars, Thérèse Martin(tiens donc, c'est qui celle-là ?). Je pris goût à prier cette tendre Mère du  Ciel qui assurait notre protection, et qui nous menait vers son Fils.

   Vint l'apparition de ces chapelets dont le coût était très modique. Ils étaient faits de plastique et de corde. Vous savez, ces chapelets phosphorescents qui s'illuminaient dans l'obscurité ? Ça a fait fureur !... surtout dans les dortoirs ! lol

   Après la toilette du soir, et avant d'aller à nos lits, nous prenions chacun notre chapelet et le mettions tout près d'une ampoule à la sortie des lavoirs. Une minute... 30 secondes suffisaient. Et là, nous allions nous coucher chapelet au cou. Certains accrochaient leur chapelet à la tête de leur lit, d'autres le gardait à son cou comme moi. Et puis, lorsqu'un camarade se levait pour se diriger vers les toilettes au lavoir, nous ne voyions qu'un chapelet qui se promenait dans l'air. Il aurait fallu qu'il se heurte un orteil sur une patte de lit en s'en allant pour qu'on puisse le reconnaître. lol Ça n'est jamais arrivé !

   Souvent je récitais le chapelet, couverture sur la tête, et m'endormais de cette façon. À mon réveil, me venait souvent la prière à la Vierge comme si elle ne s'était jamais interrompue même durant mon sommeil. Nous nous levions au son de la musique, et allions nous habiller avant que le Frère André Saint-Germain nous distribue la prière du matin. Là, chacun à côté de son lit et bien vêtu, le Frère André commençait la prière qui était inscrite sur des petites feuilles qu'il avait distribuées à chacun. Ces prières, toutes, terminaient comme suit :

 

Ametur Cor Jesu ! Ametur Cor Mariae !

 

Coeurs-de-Jesus-et-Marie-1.jpg

   C'était la devise des Frères du Sacré-Coeur, "Ametur Cor Jesu !  Ametur Cor Mariae !", soit le Frère André disait "Aimé soit le Coeur de Jésus !" et nous répondions "Aimé soit le Coeur de Marie !"

   Là, nous descendions tous ensemble au réfectoire, prêts à commencer une autre journée sous la protection de la Vierge Marie et du Sacré Coeur de Jésus.

   Nous étions choyés d'avoir notre Mère du Ciel sans cesse à nos côtés, et nous n'y avions pas pleinement conscience qu'après le mûrissement de longues années de prière à ses côtés. Elle prenait soin de veiller sur nous et sur cette robe dont elle nous couvrait, robe de l'innocence et de la vertu, pour qu'elle ne soit entachée. Elle veillait à ce qu'on ressemble à son premier né, Jésus Christ, notre Seigneur et notre frère. Et nous veillions à écouter les recommandations d'une Mère douce et compatissante en elle.

   Aujourd'hui encore, je prie cette tendre Mère, Mère de tous les hommes. Et tout spécialement en cette journée de fête de l'Assomption.

   Je vous aime et vous salue, Maman Marie !

 


                                                                                                                                                     

 

      Bonne fête de l'Assomption à tous !

Partager cet article

Repost 0

commentaires

claudine 15/08/2012 21:47

Merci Denis. Ton article m'a fait du bien ce soir. Marie, pleine de grâces, notre mère à tous, qui nous accompagne de douceur tout au long de nos journées...

Denis 15/08/2012 22:04



  Comment ne pas aimer notre tendre Mère du Ciel ! Je te remercie de ton commentaire, Claudine ! Prie la
Vierge pour moi, et avec moi !