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25 juin 2011 6 25 /06 /juin /2011 21:13

Nous sommes en soirée...les campeurs sont déjà tous là et le frère Lorenzo leur fait faire, à tour de rôle, un exercice simple à la barre pour déterminer leur niveau pour les différentes activités: tir à l'arc, tir à la carabine, biologie, piste d'hébertisme, canoe-kayak, natation...

Les lieutenants frère Alain Nappert et frère Denis Plourde assignent les campeurs à chacun des équipages: dauphins, marsouins, pingouins, éperlans, éperviers, pélicans(pour les campeurs de 14 ans), etc...en tout 8 équipages si je me rappelle bien.

Le Camp Bel'Air est sous le thème de la marine, d'où ces titres de lieutenants(Fr. Alain Nappert et Fr. Denis Plourde), l'amiral(Fr. Dionne...je ne me rappelle plus son prénom...je crois que c'est Charles mais...). doh! Moi, j'avais demandé d'être capitaine d'équipage lors du pré-camp, et le lieutenant frère Denis Plourde m'avait dit, sans me déconseiller, que c'était préférable d'être assistant-responsable des différentes activités pour une première expérience comme moniteur. Alors Denis m'a redemandé et je lui ai répondu la même chose: je préfère être capitaine d'équipage. "D'accord!" qu'il a dit. Je fus donc capitaine des Dauphins.

Maintenant que toute cette petite marmaille a trouvé son équipage, l'amiral fr. Dionne et le lieutenant fr. Denis donnent leurs directives avant que les équipages se regroupent, et avant le coucher dans les tentes. Alors là, cher capitaine des dauphins, tu te retrouves, pour la première fois de ta vie, avec des petits campeurs dont tu as la responsabilité de motiver, d'encourager, de discipliner au besoin...; tu as un peu le trac, ils attendent que tu leur parles. J'ai 17 ans, ils ont 11-12 ans et on dirait qu'il y a une génération qui nous sépare. Je me revois encore à leur âge. Je présente d'abord mon assistant-capitaine, Charles, il est postulant chez les frères tout comme moi. Je leur demande de se présenter un après l'autre, et puis je leur parle de mon rôle en tant que capitaine...et puis il faut trouver un cri de ralliement. Alors on est tous d'accord, je crierai "C'est qui les plus malins?" et vous répondrez "les dauphins!"

Nous sommes prêts maintenant à se diriger vers les tentes dans la forêt, le lieutenant Denis Plourde nous demande le cri de ralliement. Je crie bien fort:"C'est qui les plus malins?" et mon équipage répond bien "les dauphins". Les tentes sont montées sur de grandes plateformes de bois, et chacun a son sac de couchage sur un petit matelas-mousse qui, lui, est sur une caisse de bois où ils rangent leurs choses: maillots de bain, pantalons courts, vêtements de pluie, articles de toilette etc. Quand tout le monde est prêt, j'éteind les lumières; quand il y a un problème et qu'on a besoin d'un peu de lumière, j'ai une lampe de poche pour éclairer.

Le réveil se fait au son de la musique provenant de hauts-parleurs jonchés dans les arbres. Je réveille les récalcitrants, et puis nous devons descendre au lac tous ensemble pour un peu de toilette avant quelques recommandations des lieutenants et de l'amiral, il y aura les grades bientôt: moussaillon, mousse, matelot et vigie. Nous allons déjeuner, une table assignée à chacun des équipages. Ensuite chacun des petits campeurs s'en vont à leur activité respective tandis que les capitaines vont à la mess des officiers avec les 2 lieutenants.

J'ai un petit calepin avec les noms de mes campeurs et des notes que j'y inscrits de par les commentaires reçus des responsables des différentes activités, et de mes propres remarques personnelles. Chaque grade amène des points supplémentaires à mes petits moussaillons, d'où la responsabilité de bien les évaluer. L'attitude du bon moussaillon: connaître le prénom de chacun de ses camarades d'équipage, avoir un esprit d'équipe...bref chacun des campeurs accèdent à ce grade assez aisément durant leurs 2 semaines, ainsi que celui de mousse. Il y a des points attribués aux campeurs par chacun des responsables des différentes activités, ainsi que par les activités de groupe comme "la journée des corsères" avec cette chasse au trésor dans la forêt, "la chasse au trésor" à même les rives du Lac Aylmer, une journée centrée sur l'athlétisme avec une course à relais...beaucoup de choses....oups! baseball aussi, j'oubliais.(journée à oublier aussi, qu'est-ce que nous avions été pourris cette fois-là. lol) Le moral avait été bien qu'en même.

Le dimanche, c'est la visite des parents, et chacun des campeurs partage avec leurs parents ce qu'ils ont fait durant la semaine.

Le lundi, tout revient comme d'habitude exceptée une journée de pluie où nous faisons des activités à l'intérieur du camp, sinon il y a un grand feu de camp avec des chansons et des guimauves en soirée. Il y a toujours les grades, ce sera bientôt le temps de présenter ces nouveaux matelots avant le déjeuner. La dernière journée du camp, le samedi, ce sera le grade de vigie; ce sera aussi le choix de leur cadeau de camp, un campeur après l'autre, celui qui aura accumulé le plus de points choisi le premier etc...

Là c'est le moment que chacun attend. "Capitaine des dauphins, combien de vigie?" me dit le lieutenant Denis. "Une vigie" que je lui répond. Mon équipage se lève, ils sont tous matelots, mais ils doivent se douter de qui est ma vigie. Je passe devant eux et m'arrête devant Patrice: "Patrice, ton capitaine te nomme vigie! Toutes mes félicitations!", le lieutenant Alain lui passe au cou la médaille de vigie. Le frère François, un an plus âgé que moi, l'avait eu dans son équipage l'été précédent et m'avait dit beaucoup de bien de lui(il voulait l'avoir dans son équipe), et il n'avait pas tort. Avec ses tâches de rousseur qui lui maculaient le visage, Patrice se tenait fièrement droit comme une barre, et mon équipage était presqu'aussi fier que lui et de son capitaine. Chacun a choisi son cadeau, souvenir de camp; le lendemain, ce sera le retour des parents et le départ de leur progéniture. Les campeurs sont tous partis ou presque, et puis je prend une collation au réfectoire avec d'autres capitaines, responsables d'activités et l'assistant-cuisinier. Une journée bien méritée avant le 2ième camp de 2 semaines et l'arrivée de nouveaux campeurs. Tiens donc, une automobile s'arrête à côté du réfectoire, un de mes matelots sort en courant et monte les escaliers pour ensuite entrer dans le réfectoire. Il s'arrête devant moi: "Merci Denis pour le camp! Bonnes vacances!"...Je lui prend sa petite menotte: "Toi aussi Francis, passe un bon été!" et là, comme il est arrivé, il retourne en courant, passant la paume de sa main gauche sur son oeil. Je l'ai regardé se diriger vers l'automobile de ses parents, un petit pincement au coeur, et je me doutais que c'était peut-être la dernière fois que je le voyais. J'avais une sorte de fierté de travail accompli, et je comprenais beaucoup de choses sur ce rôle d'éducateur des frères du Sacré-Coeur. Je comprenais beaucoup aussi de cette influence qu'ils ont eu sur moi quand j'étais juvéniste, à me transmettre des valeurs humaines et une expérience de Dieu.

Un moment, quelques secondes, que je savais devoir raconter un de ces jours. Ce que j'y ai compris, à ce moment-là, c'était le détachement que je devais faire de ces personnes qui ont pris part aux événements de ma vie pour continuer à aller de l'avant. Et que le camp suivant, je vivrai d'autres expériences avec un autre équipage, et ainsi de suite se déroulera la vie. J'aurai à vivre des expériences heureuses, ou d'autres malheureuses; et chacune de ces expériences, chacune des personnes rencontrées deviendront actes et acteurs y mêlant leur influence et une part de leurs propres vies. J'y ai vu avec un léger recul qu'il y avait un grand acteur principal commun à toutes ces expériences de ma vie. Ô Dieu, tu y étais! Je t'avais vu à ce moment-là...pas avec mes sens extérieurs, mais avec tout ce que tu m'a fais comprendre à mon expérience de jeune adulte et qui m'a servi par la suite.

Quelquefois, durant ma vie, j'ai vu sa présence évidente; d'autres fois je ne l'ai vu qu'avec un recul plus ou moins long. Mais Il a toujours été là à chaque instant de ma vie, peu importe mes décisions, peu importe mes égarements. Ces moments heureux...et ces déserts que j'ai traversés en voulant m'éloigner un peu de Lui, tous ces moments sont différents à chacun, et Dieu y prend toujours une part active ou passive selon que vous aurez décidé. Le chercheur de Dieu cherche Dieu parce qu'il l'a déjà en quelque sorte trouvé ou vu quelque part.

Dieu ne reste pas invisible pour celui qui le cherche. Dieu lui parle à chaque instant de sa vie...et Dieu m'a parlé dans ce plus bel été de ma vie.

 

 

 

 

 

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Published by Denis - dans Divers
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commentaires

claudine 21/11/2011 22:38

Se détacher des hommes pour s'approcher de Dieu. Je te rejoins sur ce point Denis. Chaque rencontre nous permet d'avancer. Qu'il est pourtant difficile de laisser s'envoler ces personnes qui nous
ont tant aidés et surtout tant apportés ! c'est ça l'humilité, s'en remettre à Dieu et à ses desseins...